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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 12:50

Aujourd'hui, je partage avec vous le témoignage précieux d'un Donneur concernant la démarche de don en CECOS.
Il revient sur son expérience et le déroulement du don. N'hésitez pas à lui poser vos questions via les commentaires.
Je tiens à le remercier chaleureusement d'avoir accepté de partager son expérience avec nous. En espérant qu'il puisse répondre aux interrogations des couples "receveurs" mais également à celles de futurs donneurs potent
iels.

****​*

Ce petit mot est destiné à expliquer comment se déroule concrètement une procédure de don de sperme. Certains lecteurs qui pourraient être tentés par cette démarche trouveront ici, je l’espère, la réponse à leurs questions. Avant toutes choses je tiens à préciser que la rédaction de ce billet repose sur mon expérience personnelle. La loi encadre le don de sperme, mais chaque CECOS a ses propres protocoles et habitudes. Il conviendra donc de ne pas généraliser mon expérience en évitant de faire de cet exemple une norme. Pour des questions de confidentialité évidentes, je ne donnerai ni le lieu ni la date de cette expérience. Une indication : j’ai effectué cette démarche de don au cours des 5 dernières années.


Comment fait-on pour entrer en contact avec un CECOS ?
Personnellement, j’ai adressé un courrier au CECOS de mon choix en expliquant mes motivations et en indiquant que je pensais correspondre aux critères exigés. Une semaine après la secrétaire du CECOS m’a contacté par téléphone. Elle a pris soin de m’expliquer le déroulement d’une démarche de don, puis nous avons convenu d’un rendez-vous.

Quels sont les critères pour être donneur ?
Au moment où j’ai contacté le CECOS, il fallait :
- avoir moins de 45 ans
- être en bonne santé
- être parent
- avoir l’accord écrit de la conjointe pour les personnes mariées ou vivant en couple

Aujourd’hui, la condition d’être père n’existe plus. Tout homme de plus de 18 ans et de moins de 45 ans peut donner.

Pour moi, la suppression de cette clause est une grave erreur. En effet, comment peut-on être capable de faire la différence entre être le père d’un enfant et être le géniteur si on n’est pas soi-même père ? Ce don que nous avons fait en couple avec mon épouse nous aurions été incapables de le faire il y a encore 10 ans. Le fait d’être parent apporte la maturité nécessaire pour faire ce geste en conscience.

Une démarche de couple :
Ce terme est régulièrement décrié par les détracteurs du don, mais pour moi et mon épouse nous pouvons véritablement parler de démarche de couple. La décision de donner a été prise à deux après une période de réflexion et d’échanges entre nous. Si mon épouse avait exprimé la moindre réticence, il est évident que jamais je n’aurais fait un don de gamètes. Il était important que mon épouse puisse être associée au maximum aux différentes étapes du don. Aussi, pour le premier rendez-vous, nous avons tenu à nous y rendre ensemble. Sur les 7 rendez-vous au CECOS mon épouse m’a accompagné 3 fois.

Le premier rendez-vous :
Nous avons été accueillis par la secrétaire du CECOS. Pour des questions de confidentialité et de secret médical les patients sont accueillis dans un bureau et non dans un secrétariat ouvert.
A notre arrivée, nous avons donné :
- notre livret de famille
- ma carte d’identité et celle de mes enfants
- les carnets de santé de mes enfants
Etrangement, personne n’a demandé à mon épouse de fournir un justificatif de son identité.
Les carnets de santé des enfants des donneurs permettent aux responsables des CECOS de s’assurer que les enfants sont en bonne santé et ne présentent pas de maladies qui éventuellement pourraient s’avérées héréditaires.

Il est aussi demandé au donneur d’apporter sa carte de groupe sanguin. Ayant perdu cette carte, j’ai subi une analyse de plus pour l’établir.

Les examens pratiqués sont entièrement à la charge du CECOS, en aucun cas, le donneur transmet son numéro de sécurité sociale. Chaque donneur à un numéro sur son dossier. Les éprouvettes, les tubes de sang pour les analyses portent ce numéro. C’est un gage de confidentialité qui évite aussi qu’une personne autre que le médecin du CECOS puisse établir un lien éventuel entre les donneurs et les familles bénéficiaires du don.

Le rendez-vous avec le médecin du CECOS :
Nous avons été reçu par un professeur spécialiste de la reproduction. Après nous avoir salué, sa première question très directe fût la suivante : « Pouvez-vous m’expliquer l’objet de votre visite ». Ce type de question n’est pas pour baisser le niveau de stress !
Avec mon épouse nous avons alors expliqué nos motivations, puis le professeur m’a ensuite posé des questions sur mes enfants, leurs développements, leurs santés, le déroulement des grossesses… Il a ensuite pris une fiche avec un tableau composé de nom de maladies, maladies qui étaient pour moi et mon épouse inconnues. Je me souviens de son expression « Il s’agit des maladies du Téléthon » et d’ajouter « Si vous ne les connaissez pas cela est très bien, ça veut dire qu’elles ne sont pas présentes dans votre famille ».
Ensuite nous avons posé différentes questions sur l’anonymat et sur ce qu’il adviendrait de mes paillettes si je devais disparaître.
J’ai ainsi appris qu’en cas de décès des donneurs, les CECOS continuaient à utiliser le sperme des donneurs. Je ne vous cache pas que nous avons été surpris de cette réponse. Nous avons aussi appris que dans l’hypothèse où 10 enfants naîtraient de mon don et qu’un stock de paillettes existerait encore, celui-ci serait détruit où servirait pour la recherche.
Nous avons terminé notre rencontre avec le professeur en signant un formulaire de consentement. C’est une simple feuille, dans laquelle le donneur renonce à ses droits sur les enfants qui naîtront, atteste connaître la réglementation en matière de don de gamètes et dans lequel le principe de l’anonymat est rappelé.

En quittant le bureau de ce professeur, l’infirmière est venue me chercher pour me conduire dans une salle de soins identique à celle d’un laboratoire d’analyses médicales de ville. Voyant mon état de stress, elle a pris soin de me rassurer, et de détourner mon attention au moment où elle me piquait. Les analyses de sang pratiquées permettent de déceler d’éventuelles maladies sexuellement transmissibles et de faire un caryotype à savoir une analyse des gènes du donneur. Dans mon cas, l’infirmière a également prélevé un tube supplémentaire pour déterminer mon groupe sanguin.

En 5 minutes les tubes étaient remplis. Elle m’a ensuite proposé de faire le premier recueil. Pour cela nous nous sommes dirigés dans une petite pièce. L’infirmière a fermé la porte derrière elle.
Elle a ensuite pris le temps de m’expliquer minutieusement la procédure à suivre puis en quittant la pièce m’a rassuré en me disant de prendre mon temps. J’ai ensuite fermé la porte à clé puis je me suis mis à l’ouvrage.
La première étape consiste à se déshabiller puis à se laver les mains très soigneusement.
La seconde étape consiste à remplir un flacon d’urine pour faire une analyse. Le CECOS s’assure ainsi qu’il n’existe aucun germe dans les urines pouvant contaminer le sperme.

La troisième étape : la toilette intime
Vous devez faire une toilette intime avec une solution désinfectante de type Dakin et parfaitement vous sécher.
Vient ensuite le temps du recueil qui s’effectue par masturbation Vous devez remplir une sorte de flacon gradué.
J’avais à ma disposition des revues, mais au regard de l’état de vétusté de celles-ci elles sont restées sur la tables !
L’équipement de la pièce est très sommaire : un lit, une table et une chaise de classe !
Le tout est éclairé par des néons et au milieu de la pièce un évier avec un urinoir.
En terme d’environnement érotique il y a mieux !

Bizarrement, malgré toutes mes appréhensions ce premier recueil s’est fait sans trop de difficultés. Une fois les mains lavées et rhabillé, j’ai sonné. L’infirmière est arrivée. J’ai remis le flacon qui portait une lettre et une petite série de chiffre. Nous avons quitté la pièce ensemble, elle partant avec mon flacon vers le laboratoire et moi vers la salle d’attente pour y retrouver mon épouse. Cette dernière était très étonnée de me voir arriver si rapidement !
Nous sommes ensuite repassés par le secrétariat pour y chercher une attestation de présence puis nous sommes partis en ville déjeuner.

J’ai omis de préciser que le CECOS vous demande une abstinence sexuelle comprise entre trois et cinq jours. Au de-la de 5 jours le nombre de spermatozoïdes morts est important et avant trois jours le nombre de spermatozoïdes est plus faible. Vous devez également très bien vous hydrater la veille.

Le traitement du sperme en laboratoire demande un travail important. Le sperme est placé dans une sorte d’étuve avec une température proche de celle du corps. Il y est laissé un certain temps pour qu’il se liquéfie. Ensuite le sperme est placé dans une centrifugeuse qui permet de séparer les spermatozoïdesdu liquide séminal. Vient ensuite le temps de la descente en température et de la congélation.
Lorsqu’un donneur se présente, le premier recueil de sperme subit une batterie de tests et surtout le test de la congélation/décongélation. Il faut savoir que 30% des donneurs ne peuvent poursuivre la démarche de don, leur sperme n’acceptant pas la congélation.

8 Jours après le premier recueil, n’ayant pas de nouvelles du CECOS je me suis permis de leur téléphoner pour savoir si j’étais apte à poursuivre le processus de don. Je dois bien avouer que j’étais très inquiet à l’idée que le CECOS puisse trouver dans mes analyses d’éventuelles maladies ou anomalies que j’aurais éventuellement transmises à mes enfants ! J’étais très soulagé d’apprendre de la secrétaire que tout était normal et que je pouvais poursuivre.
Au total je me suis rendu 6 autres fois au CECOS. 6 Mois après le dernier recueil, je me suis rendu au CECOS pour y faire une visite de contrôle qui consiste en une prise de sang. Le CECOS s’assure ainsi que le donneur n’a pas contracté de MST entre le premier et le dernier recueil. Le délai d’incubation des MST pouvant prendre plusieurs semaines, le test de contrôle est fait 6 mois après le dernier don.

Le personnel du CECOS :
Nous avons toujours été très bien accueilli par des personnels très gentils, professionnels et à notre écoute. J’ai toujours rencontré la même infirmière et j’ai noué avec elle des liens privilégiés. J’ai appris beaucoup de choses sur le fonctionnement de notre CECOS, bien plus qu’avec le professeur. Une fois cette infirmière était en vacances, et j’ai été pris en charge par une remplaçante qui était tout aussi stressée que moi. Ne me connaissant pas, j’ai du justifier de mon identité en présentant ma carte d’identité. Je vous avoue que cela est perturbant !

Les difficultés rencontrées :
La démarche de don est une démarche qui prend du temps. Nous habitions relativement loin du CECOS. Le délai de route étant important, chaque visite me prenait une demi journée. Le personnel du CECOS vous explique que vous pouvez venir quand vous voulez, mais dans les faits cela est bien différent. En effet, le traitement du sperme nécessite du temps en laboratoire. Les donneurs doivent venir impérativement avant 10h00. Certains jours étaient réservés pour d’autres actes ISCI, FIV, donc le choix de mes rendez-vous s’en trouvait réduit.

La prise en charges des frais :
La loi prévoit que tout donneur peut demander la prise en charge de ses frais réels par le centre hospitalier qui prélève. Habitant loin du CECOS, j’ai demandé la prise en charge de mes frais de déplacements. J’ai été très étonné de devoir rappeler plusieurs fois au CECOS leur obligation en la matière. Je trouve cela tout à fait anormal. Je suis absolument pour le principe de gratuité et je suis effrayé de voir les pratiques que l’on rencontre dans d’autres pays, pays qui ont fait un vrai bisness de l’infertilité. Je trouve cependant inadmissible qu’il faille se battre pour obtenir le remboursement de frais de déplacement.

L’année dernière les CECOS via l’agence de biomédecine ont lancé une vaste campagne de promotion du don. Il semblerait que cette campagne n’ait pas suscité de dons supplémentaires.
Aujourd’hui le nombre de donneur de sperme avoisine les 230 par an. Ce manque de donneur à pour principale conséquence de rallonger le délai des couples en attente de don.
Les études montrent que les donneurs sont généralement des cadres ou des professions libérales. D’après les auteurs de ces rapports, cette population serait plus à l’écoute des problèmes de société. Je ne partage pas cet avis, je pense simplement que pour une personne salariée, faire ce type de démarche est très compliqué. Comment expliquer à un employeur que vous devez vous absenter 6 ou 7 jours dans l’année ?
Si rien n’est fait rapidement, les CECOS auront bien des difficultés pour répondre aux demandes toujours plus importantes de couples infertiles. Les couples Français seront-ils alors obligés d’acheter des paillettes dans des pays d’Europe du nord ?
Notre société ne peut se passer d’un vrai débat sur la famille et la procréation par tiers donneur sans quoi notre système de solidarité nationale sera dans une impasse.
Personnellement, je ne regrette pas ce geste, j’espère avoir contribué à rendre heureux des couples. Donner n’est pas une chose anodine. Cela fait écho à l’histoire personnelle du donneur, vous interroge, vous perturbe parfois. Cette démarche ne doit pas être prise à la légère et demande une sérieuse réflexion. Franchir la porte d’un CECOS n’est pas facile. Parler de choses qui renvoient à la sexualité encore moins, mais je pense que ces contraintes sont bien minces par rapport au parcours des couples qui chaque année sont confrontés à l’infertilité.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 19:47

Mon appel à témoignage n'est pas rester sans réponse et j'en suis ravie !!
Voilà le témoignage d'une nouvelle personne, qui a eu la chance d'avoir son premier bébé grâce à une IAD. Voici son témoignage.
Si vous souhaitez vous aussi partager votre expérience avec nous, n'hésitez pa
s à me contacter !

*****

"Mon mari et moi avons 34 ans, rencontrés en 2006, mariage en 2009 et envie d'un bébé depuis .... toujours. Nous rêvons et vivons dans l'attente de cet enfant qui n'arrive pas. En 2012 nous nous tournons vers la pma et quelques examens et mois plus tard c'est la douche froide. Azoterato.... les chances sont faibles.
Nous tentons les icsi qui donneront 2 grossesses suivies de fausses couches, l'horreur. La pma nous donne un dernier test à faire et le pire à entendre tombe, mon mari est atteint d'une anomalie génétique nous n'aurons pas d'enfant ensemble. La terre s'écroule. On nous oriente vers le cecos si on le désire.
Mais bien sûr qu'on le désire ! Plus que tout, plus que les on dit et puis de toute façon quelque soit la manière dont il est fait, on le désire tellement fort ce bébé qu'il n'y a aucun soucis. C'est bien ensemble que nous aurons ce bébé !

Nous avons donc eu nos rdv au cecos, les délais et démarches nous semblent interminables. Pourquoi devoir se justifier de vouloir un enfant ...
Je lance une bouteille à la mer sur les forums pour trouver un parrain et ainsi écourter notre attente. Concours de circonstances mon message aurait pu se perdre dans la masse, mais non !!!
Une famille, des parents plus que généreux pensaient à faire cette démarche et au détour de diverses recherches tombent sur mon message.
Le parrainage est en route et je les remercie encore tous les jours. 1 an jour pour jour après notre inscription, je rappelle le cecos, nous pouvons y aller.
Nous faisons notre première insémination en octobre 2014 et 14 jours après c'est positif !!

Nous sommes aujourd'hui les heureux parents d'un petit bonhomme de bientôt 8 mois qui se porte comme un charme.

Nous ne garderons pas le secret. Cela fait parti de sa vie, de nos vies. Nous allons essayer de lui faire comprendre la chose avec les mots les plus adéquats au fil de son évolution. Pour le moment parfois je lui raconte des histoires de petites graines on verra par la suite mais c'est certain il le saura.
Nous avons un fils magnifique, qui est le fruit de notre amour, le reste ne compte pas.

Nous venons de nous réinscrire pour un second bébé, les délais se sont encore allongés. Je relancerai peut-être une bouteille à la mer, mais je ne pense pas être encore aussi chanceuse."

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Published by cmelicce - dans Témoignages
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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 21:47

Aujourd'hui, je souhaite partager avec vous le témoignage précieux d'un donneur pas comme les autres...
Il y a quelques semaines, il me contactait via le formulaire de ce blog suite à mon appel à témoignage dans mon dernier post. Depuis, une grande amitié est née, et son témoignage m'a apporté beaucoup de réponses à mes questions.
Si vous avez des questions à lui poser, n'hésitez pas à commenter ce post. Je suis sûre qu'il vous répondra.

Merci beaucoup N.
:-)

*****

" J’ai 42 ans, je suis marié, papa d’un petit garçon et d’une petite fille. Je partage ma vie avec mon épouse depuis plus de 20 ans.

Notre démarche de don est le fruit de la rencontre entre le hasard et notre parcours de vie.

Il y quelques années alors que nous étions en vacances, je découvre sur internet au hasard d’une recherche que la France manque de donneur. Je cherchais à cette époque à m’inscrire sur le fichier des donneurs de moelle osseuse et c’est en faisant cette recherche que je tombe sur article de presse décrivant une pénurie et des couples en souffrance. Nous en parlons avec mon épouse et tombons d’accord très rapidement sur le fait que nous avons eu beaucoup de chance pour avoir nos enfants, enfants en pleine santé, et grossesses très faciles pour mon épouse. Durant nos vacances nous en reparlons et de retour de congé, je décide d’adresser un courrier dans un cecos proche de notre domicile. 8 jours après la secrétaire du service me téléphone, nous échangeons et convenons d’un rdv. Nous nous rendons au cecos 1 mois après avec mon épouse. Nous y sommes très bien reçus par la secrétaire puis un médecin chef spécialiste de la reproduction. La rencontre va durée 45 minutes. Nous échangeons sur nos motivations, sur ma santé et celles des membres de ma famille. Nous parlons de la loi, de l’anonymat et posons des questions. A la fin du rdv, on me propose de faire les examens. J’accepte avec une légère crainte. La prise de sang et le premier recueil se passent très bien. Nous partons du cecos avec une inquiétude : que l’on trouve dans mes examens un problème ou une maladie transmissible à mes enfants. 8 jours après je téléphone au cecos et demande les résultats. La secrétaire m’informe que tout est ok et que nous pouvons poursuivre la démarche.

Au total, je me suis rendu 7 fois au cecos en 10 mois. Au départ nous étions très motivés, heureux de faire ce geste, puis vers le 4ème don, j’ai commencé à douté. J’ai lu 4 ou 5 livres sur le don et à un moment j’ai demandé à rencontrer la psychologue du cecos pour échanger avec elle. Nous y sommes allés avec mon épouse. La rencontre fut glaciale, j’étais très tendu et la psy devait me prendre pour un objet d’étude, les donneurs étant très rares !

A la fin de l’entretien alors que nous nous levions, elle nous dit la phrase suivante : « vous savez Monsieur, chaque couple receveur à une raison de faire appel au don, chaque donneur à une raison de donner » Cette phrase sur le coup m’a semblé d’une grande banalité, mais plus tard j’ai compris qu’elle avait raison. En lisant un ou deux livres de psycho j’ai compris que ce geste était le fruit de mon histoire et de mon enfance.

J’ai deux enfants. Ma fille ressemble à sa maman, mon fils me ressemble. Ils sont élevés de la même manière, vont dans la même école, ont les mêmes amis, mais sont totalement différents. Nous pensons qu’un enfant n’est pas qu’un assemblage de gênes mais le fruit du désir d’un couple. Aussi nous avons aucun doute sur ce que nous avons donné, à savoir un petit coup de pouce à des couples et non un enfant.

S’agissant de l’anonymat, ni moi ni mon épouse ne serions contre le fait qu’un jour les enfants nés de mon don puissent avoir des informations nous concernant même si pour nous il est évident que nous ne souhaitons en aucun cas nous initier dans la vie de ces familles et de ces enfants. Pour autant, l'anonymat a motivé notre geste. Je pense que la relation parents enfants doit reposer sur une confiance mutuelle, aussi il nous semble indispensable de dire la vérité aux enfants sur leur mode de conception.

Vous me posiez la question de savoir si nous pensions aux enfants. Ma réponse sera oui et non. Oui, il nous arrive d’y repenser et d’en reparler. Je me tiens régulièrement informé de la problématique du don via le net. Non, nous ne vivons absolument pas en nous imaginant que des enfants sont à notre recherche. Nous espérons que ces enfants seront heureux dans une famille aimante.

Je retire de cette démarche de don un véritable enrichissement personnel car cette démarche m’a permis de réfléchir au sens de la vie à la famille… Nos enfants et nos proches ne sont pas au courant de cette démarche, mais quand mes enfants seront en âge de comprendre notre geste nous leur expliquerons.

Au terme de cette démarche, nous avons la certitude que les enfants nés de don sont des enfants vraiment désirés car le parcours de leurs parents est un véritable parcours du combattant. Le plus éprouvant pour moi et je pense pour mon épouse fut d’affronter le regard des gens dans la salle d’attente du cecos. Pour nous il n’y avait aucun enjeu, mais pour les couples qui arrivaient avec sous le bras des dossiers médicaux très volumineux les enjeux étaient tout autres."

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Published by cmelicce - dans Témoignages
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 21:34

Bonjour,

Cela fait une éternité que j’essaie d’aligner quelques mots, pour donner des nouvelles, mais à chaque fois, c’est pareil : page blanche. Espérons que cette fois-ci sera la bonne ! 3 ans. Cela fait 3 ans déjà que nos petites perles sont nées et qu’elles nous comblent de joie. Autant dire que j’ai tout oublié : c’est vrai ce que l’on dit, une fois que les enfants sont là, on oublie tout ce par quoi on est passé pour réussir à les mettre au monde. Bon, bien sûr, c’est un peu facile pour moi de dire cela. En y regardant bien, dans notre malheur, mon mari et moi, avons eu une chance inouïe que cela « marche » au bout de la troisième insémination. Et pourtant, à l’époque, cela me paraissait déjà terriblement long…

A vrai dire, je crois que tout a commencé un 28 novembre, lorsqu'elles ont vu le jour après 4 longues années passées à imaginer ce jour où nous tiendrions enfin notre bébé dans nos bras et d'interminables journées à la maternité pour un déclenchement qui ne voulait pas aboutir. Il a fallut que l'on trouve nos marques, bien sûr. Cela était notre rêve le plus cher d'avoir un enfant mais l'arrivée d'un bébé est déjà un bouleversement en soi, alors deux bébés d'un coup, cela a beau être la plus belle aventure du monde, cela met également les nerfs... à rude épreuve ;) Je pense pouvoir dire sans aucune prétention que nous avons vraiment assuré. Je me revois encore cavaler les escaliers de l'appartement avec mes deux filles dans les bras, descendre la poussette double d'un étage, remonter pour chercher mes filles dans leur transat, redescendre avec elles, puis au retour remonter les filles, les mettre dans leur transat, puis redescendre pour monter la poussette double dans l'escalier, trouver des astuces pour donner les biberons en même temps, courir après le médecin, le kiné respiratoire, l'ostéo, se remettre des nuits blanches....

Mais aussi et surtout admirer les progrès que nos filles font chaque jour, rester des heures à les contempler dormir, sourire, partager de fabuleux moments de complicité avec elles, s'émouvoir de leur lien affectif vis à vis de l'une de l'autre dès les premiers jours de leur vie. Verser sa petite larme la première fois qu'elles s'attrapent la main qu'elles ne lâchent plus jamais, les premiers pas, les premiers mots, les premiers "Maman" et "Papa"... Et au milieu de tout ça, essayer d'improviser des moments pour se retrouver, en amoureux, car oui, c'est sûr, si on ne le fait pas, on se laisse vite envahir par la place que prend notre nouveau rôle de Papa et de Maman. Et puis un jour, j'ai dû reprendre le boulot. Il a fallut que j'abandonne ma vie de Maman au foyer pour reprendre une vie "normale" mais surtout une vie de SuperWonderWorkinMom. Au début, même si la séparation n'a pas été facile, je pensais que c'était plutôt positif de retrouver une vie sociale.
Mais si c'était à refaire, j'avoue que je ne referais peut être pas la même chose. Reprendre un travail à 100% avec deux enfants en bas âge et surtout gardés en crèche, c'est vraiment, VRAIMENT difficile. Tout d'abord, après 2 mois gardées par une nourrice, nous avons obtenu des places en crèche à notre grande joie... Mais nous avons vite déchanté : la crèche était en grève quasiment une fois par mois. En plus, les filles étaient malades - sans exagérer - toutes les trois semaines. Tous nos RTT et congés payés sont passés là dedans, sans parler de la culpabilité d'appeler son employeur au moins une fois par mois pour lui dire "enfant malade..." ou "crèche en grève..". Peut-être aurions-nous dû plutôt rester avec la nourrice, ou peut-être n'aurais-je pas dû reprendre le travail à 100%. De plus, nous nous sommes vites rendus compte qu'il n'était pas normal que nos filles passent des nuits entières à tousser sans pouvoir dormir : le verdict est tombé alors qu'elles n'avaient même pas encore un an : toutes les deux souffrent d'asthme du nourrisson, dont une "sévère". Et c'est vrai que cela n'a pas été facile tous les jours de gérer toutes les angoisses liées aux crises d'asthme répétées.

Ma pauvre petite E. a un traitement très lourd pour son asthme : aérosol pendant 10 minutes matin et soir, Mopral car elle souffre de reflux importants ce qui aggrave encore plus son asthme. Donc il faut le dire, ce n'est pas tous les jours facile pour elle, mais ma petite fille est très courageuse, et elle nous l'a démontré maintes et maintes fois, notamment lors de son hospitalisation en juin dernier pendant trois jours durant lesquels elle a subit très sincèrement des examens que je ne sais même pas si j'aurais moi même supportés.

C'est sûr, notre rôle de jeunes parents n'a pas été de tout repos. Mais une autre chose est sûre, c'est que pour rien au monde, mais alors pour RIEN AU MONDE, j'échangerai cette vie contre celle que nous avions auparavant. Je le dis haut et fort, car oui c'est vrai qu'avoir des jumeaux peut faire peur. Mais cela reste avant tout une merveilleuse aventure. La plus belle, à vrai dire, de toute ma vie. Les enfants vous font prendre conscience de tellement de choses. Il y a une vie avant, mais il y a surtout une vie après. Ils vous permettent de relativiser certaines choses de la vie qui, auparavant, vous auraient sans doute donné bien du fil à retordre. Mes filles m'apprennent chaque jour ce que veulent dire les verbes Aimer, Sourire, s'Amuser, Partager... Bon, Ok. Et la place du don une fois qu'elles sont nées ?

Pfffff... Le don...

Sincèrement, il n'y a aucun doute possible. Ce sont NOS filles. Nous sommes et serons éternellement reconnaissants envers cet homme, qui, un jour, a passé les portes d'un CECOS pour x raison et qui a accepté de donner son sperme pour venir en aide à un jeune couple en détresse désirant plus que tout avoir un bébé. Je me souviens encore de notre premier entretien avec le gynéco qui nous a suivi jusqu'au bout, lorsqu'il nous a parlé du don du sperme "Il faut voir cela comme quelqu'un qui possède dans sa mallette à outil quelque chose que vous n'avez pas, et qu'il accepte de vous donner pour vous permettre de construire ce que vous désirez".

C'est exactement cela. Nous savons que quelque part, là, probablement en Région parisienne, un homme a été sensibilisé peut être parce que dans son entourage il connaissait lui même un couple en difficulté - ou pas peu importe, et qu'il nous a permis de réaliser notre rêve le plus cher : fonder notre famille. Cela n'a pas de prix, c'est le plus beau des cadeaux qu'un inconnu puisse faire. Souvent, je pense à la magnifique chanson de Florent Pagny, Savoir Aimer, qui aurait franchement pu être l'hymne de tous ceux qui donnent et qui attendent un don :

Savoir attendre,

Goûter à ce plein bonheur

Qu'on vous donne comme par erreur,

Tant on ne l'attendait plus.

Se voir y croire

pour tromper la peur du vide

Ancrée comme autant de rides

Qui ternissent les miroirs

Mais savoir donner,

Donner sans reprendre,

Ne rien faire qu'apprendre

Apprendre à aimer,

Aimer sans attendre,

Aimer à tout prendre,

Apprendre à sourire,

Rien que pour le geste,

Sans vouloir le reste

Et apprendre à Vivre

Et s'en aller.

(...)

Après, pour être totalement transparente, c'est encore un sujet douloureux pour S. Je pense qu'au fond de lui, il n'y a tellement plus de doute que ses filles sont bien SES filles, qu'il aimerait bien qu'on ne remette plus jamais le sujet sur la table et qu'on passe définitivement à autre chose.

Le problème, c'est que cela n'est pas compatible avec notre volonté de ne surtout pas leur cacher la façon dont elles ont été conçues. Alors je leur parle régulièrement - et depuis qu'elles sont dans mon ventre - pour leur raconter leur histoire. Je leur explique que pour faire un bébé, il faut un Papa et une Maman qui s'aiment très fort et qui se font de gros câlins avec le désir d'avoir un bébé, et que pendant les câlins, Papa met ses graines dans le ventre de Maman. Puis je leur explique que nous désirions un bébé plus que tout au monde, mais que Papa n'avait pas de graines, et que c'est l'hôpital qui a donné les graines à Papa pour qu'il les mette dans le ventre de Maman. Bien sûr, ma version évoluera avec leur âge et leur capacité à comprendre de plus en plus de choses, et à poser de plus en plus de questions. Pour le moment, je pense qu'il faut faire avec des mots simples, qu'elles peuvent comprendre. Un jour, probablement, elles nous demanderont "et l'hôpital ? Qui c'est qui leur donne les graines ?" et ce jour-là, nous leur expliquerons que ce sont d'autres Papas qui donnent des graines à l'hôpital pour des Papas qui n'en ont pas. J'introduirai de plus en plus de détails avec le temps. La plupart du temps, lorsque je leur parle de cela, S. n'est pas là. Je ne veux pas le brusquer. Parfois j'essaie d'en parler quand il est là, et il me laisse parler. J'espère qu'un jour il sera prêt pour en parler aux filles avec moi. Je reste persuadée que plus on en parle tôt, plus douce est l'assimilation de l'information. Je veux qu'elles grandissent avec cette vérité pour qu'elles en souffrent le moins possible, et éviter l'effet "choc" de la révélation.
Et surtout, je veux qu'elles ne doutent jamais du fait qu'elles ont avant tout été désirées, très fortement et que c'est bien ce désir qui est à l'origine de leur conception, peu importe les moyens par lesquels nous sommes passés.

Parfois, je lis des témoignages qui me font doucement sourire. Des gens "contre" le don qui parlent de l'égoïsme de ces couples qui passent par là pour concevoir leur enfant sans penser aux "dégâts psychologiques" qu'ils infligent à leur enfant. Ces gens-là, pour la plupart, n'ont pas la moindre idée de ce que ça fait de ne pas pouvoir procréer "naturellement". J'aimerais de leur rappeler que peu importe comment on procrée un enfant, à la base, lorsque l'on désire un bébé, il s'agit bien d'un désir de couple, un désir égoïste dans tous les cas. Aucun de nous n'a été consulté avant de voir le jour. Bien des hommes ne sont jamais sûrs à 100% que leur enfant est bien leur enfant génétique. C'est triste, mais c'est ainsi. Il y a des liens bien plus forts que ceux du sang. J'en suis persuadée aujourd'hui. Les filles me le prouvent tous les jours tant elles aiment leur Papa. Quant à mon mari, je pense que pas une seule seconde il imagine à présent sa vie sans ses petits trésors. Bien entendu, tout cela n'engage que moi et n'est que mon humble avis. Je regrette parfois l'obligation du don anonyme en France. Je pense que les donneurs devraient bien sûr avoir le droit de rester anonymes s'ils le souhaitent, mais quand cela ne les dérange pas de dévoiler leur identité, les enfants issus d'un don devraient de leur côté avoir le droit de demander plus tard l'identité du donneur s'ils ont en besoin pour se construire.

Voilà voilà... Finalement cette fois la page ne sera pas restée blanche. J'ai même été particulièrement très bavarde :) Un dernier mot pour tous ceux qui sont en train de vivre le même parcours du combattant que nous avons vécu il y a maintenant plus de 3 ans. De tout mon cœur, je vous souhaite de connaître la même issue. Les mêmes joies, les mêmes sourires, les mêmes interrogations, les mêmes nuits blanches, les mêmes doutes, mais avant tout, le même Bonheur. Je sais à quel point cela fait mal. Le vide que l'on peut ressentir. Le deuil qui est à faire le jour où l'on apprend que l'un de nous est stérile. Je pense qu'après la perte d'un enfant, la stérilité est le fait de ne pas réussir à avoir un bébé lorsqu'on en désire un est une des épreuves les plus douloureuses de la vie. Alors vraiment, du fond du cœur, je vous souhaite de connaître la même issue que nous. N'hésitez pas à m'envoyer vos témoignages, je réfléchis à la suite que je pourrais donner à ce blog, et l'une d'elles serait de créer une rubrique "Témoignages". Si vous avez vous même été Donneur ou Donneuse, n'hésitez pas à partager également votre histoire avec moi : je serais ravie de publier votre témoignage et les raisons qui vont ont poussé à faire ce magnifique geste. Enfin, si vous avez vous même été conçu(e) via un don, votre expérience pourra être extrêmement précieuse pour tous les parents qui se demandent comment cela est vécu par les enfants plus tard.

Le mois de Janvier n'étant pas encore terminé, je vous souhaite une excellente année en espérant qu'elle apporte un record de +++++++ à tous ceux et toutes celles qui attendent ce merveilleux dénouement !

A bientôt.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 20:23

L'arrivée d'un enfant (enfin, dans mon cas, je devrais dire de deux enfants), est la plus belle chose que la vie puisse offrir à un couple. Mais c'est aussi un sacré bouleversement dans la vie de deux personnes qui s'aiment.
S. et moi sortons d'une crise dans notre couple sans précédent. Nous vivons tout simplement le contre-coup de tout ce que nous avons accumulé pendant ces dernières années. Entre sa stérilité, notre parcours du combattant pour avoir un enfant, et surtout, le départ prématuré de sa maman un mois avant que je ne tombe enfin enceinte, on a entretenu à nous deux une bombe à retardement. Le chamboulement provoqué par l'arrivée de nos trésors a fait péter cette bombe. Il fallait que ça pète un bon coup, et maintenant ça va mieux, enfin je crois, et je l'espère, parce que ce serait vraiment nul qu'après avoir résisté à tant d'épreuves, notre couple se brise maintenant que notre rêve le plus cher s'est concrétisé.

A côté de tout ça, mes deux petits rayons de soleil continuent à grandir, et qu'est-ce qu'elles ont changé ! Elles vont déjà avoir 6 mois dans quelques jours. Chaque jour, elles nous surprennent par de nouveaux progrès, de nouveaux gestes, des toutes nouvelles expressions. Chaque jour, elles communiquent un peu plus avec nous, entre elles aussi ! Et surtout, chaque jour - et je ne pensais pas que cela était possible car je les aime déjà tellement depuis le début - je les aime encore plus. A présent, ma grande angoisse, c'est mon retour au travail dans moins de deux semaines maintenant. Me dire que plus jamais je ne pourrais passer autant de temps avec elles que pendant ces 6 premiers mois de leur vie, c'est terriblement angoissant.
Mais finalement, c'est ça aussi donner la vie et avoir des enfants. C'est leur apprendre à ne pas être avec vous tout le temps.  C'est horrible, car on aimerait les garder rien que pour soi toute notre vie, mais ça n'est pas possible, heureusement pour eux d'ailleurs :-)
Et puis, au fond de moi, même si je sais que ça va être dur de reprendre le boulot, je sais aussi que j'ai besoin de reprendre une activité. Maman au foyer, c'est bien, mais moi c'est pas trop mon truc sur le long terme. Je m'ennuierai je pense à force... J'ai besoin d'avoir une vie à côté de ma vie de maman. J'ai besoin de me sentir femme, et je me dis que pour les filles, il vaut mieux avoir une maman qui travaille épanouie, plutôt qu'une maman au foyer qui est certes tout le temps là, mais pas forcément bien dans sa peau !
Ce sera une nouvelle étape importante. C'est comme la fin d'un rêve qui ne fait pourtant que commencer. Depuis le jour où j'ai eu le déclic et senti ce désir d'enfant naître en moi,  je rêvais d'être à la place de ces collègues, qui année après année, alors que j'attendais que mon tour arrive enfin, m'annonçait leur grossesse et leur départ en congé maternité. Je me surprenais à rêver que mon ventre s'arrondirait aussi un jour, et à moi un long congé maternité à profiter à fond de ma grossesse, puis de mon bébé !
Voilà qu'une page se tourne, puisque non seulement j'ai la chance que ce rêve se soit réalisé, mais qu'il est déjà temps de retourner au travail et "d'abandonner" mes deux trésors à une nounou que je ne connais pas...

C'est sûr, mon congé maternité, aura été l'âge d'or de ma vie de femme. Comme toutes les bonnes choses ont une fin, il est à présent temps de retourner au boulot, et d'apprendre à profiter de mes filles autrement, différemment. Comme me l'a dit une amie, ce n'est pas la quantité de temps que l'on passe avec eux qui compte, mais la qualité. 
Il va donc falloir que j'apprenne à profiter de chaque seconde que je passe avec elles, et je compte bien y arriver !


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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 16:51

Me voilà maman depuis maintenant près de 2 mois, et c'est dingue comme je ne m'y habitue toujours pas !! J'ai toujours cette impression que je vais me réveiller, et retourner un an en arrière... 

Les jours qui ont suivi l'accouchement ont été à la fois merveilleux au niveau émotion, et à la fois épuisants au niveau physique. Je suis restée encore 5 jours à la maternité, ce qui en soi n'est pas beaucoup après un accouchement de jumelles, mais cela a été 5 jours à ne dormir que 2 heures par jours à peine : impossible de dormir le jour car entre les visites des proches, des médecins, sage-femme, infirmières, auxiliaires de puericulture, les repas, et les travaux à l'hôpital, dès que je fermais les yeux, j'étais reveillée. La nuit, n'en parlons même pas, c'est les petites qui ne voulaient pas dormir ! Enfin si, mais seulement à partir de 5h du mat : l'infirmière passant à 7h pour me prendre la tension, cela ne me laissait que 2 heures de répit. 
Donc autant dire que lorsque je suis rentrée à la maison, la première chose que j'ai faite, ça a été d'aller dormir !!

A côté de tout cela, les petites vont merveilleusement bien. Je vais arrêter de les appeler "J1" et "J2" sur ce blog, et tout simplement utiliser leurs initiales, L (J1) et E (J2). Donc L faisait 2,270 kg à la naissance, et E 2,730kg : aujourd'hui, L a rattrapé E et elles font toutes les deux 4,9 kg, c'est qu'elles sont très gourmandes mes filles !!
Nous avons deux caractères totalement opposés : E est très souriante, patiente, rêveuse et calme, tandis que L est plutôt nerveuse, agitée, angoissée, et pleure beaucoup... Mais c'est aussi parce qu'elle a des problèmes de disgestion, elle régurgite, est constamment constipée, si bien qu'elle doit forcément avoir mal au ventre, d'ailleurs cela se voit à sa façon de se tortiller, alors c'est pas évident de la regarder souffrir comme ça et ne pas être capable de faire grand chose.

Nous vivons un bonheur immense depuis que nos filles sont nées. J'apprends à les connaître, et vice versa. Par contre, au niveau du couple, c'est clair que c'est un bouleversement. C'est bizarre car à la fois, je crois que nous nous sommes jamais autant engueulés qu'en ce moment avec S;, mais à la fois, nous n'avons jamais été aussi heureux et aussi proches l'un de l'autre...
Une chose est sûre, c'est que c'est un papa génial. Toujours aux petits soins pour ses filles, il s'en occupe si bien, participe à tout, les change, leur donne le biberon... Sa grande angoisse, c'est de penser au jour où nous devrons leur expliquer qu'il n'est pas leur papa "biologique", il a peur qu'elles ne le voient plus de la même façon, ou pire, d'être rejeté. J'essaie bien sûr de le rassurer comme je peux car je sais que cela n'arrivera pas, mais je le comprends aussi, à sa place j'aurais sûrement les mêmes angoisses. Cependant, je sais que c'est ce qui pouvait arriver de mieux à S., il aime nos filles de tout son coeur, ce sont bien SES filles. 


Aujourd'hui, plus que jamais, je sais que nous avons fait le bon choix. Nous avons eu deux filles merveilleuses, peu importe le chemin que nous avons dû suivre pour y arriver, nous sommes désormais bien décidés à être heureux et à apporter tout le bonheur et l'amour possible à nos petits bouts d'amour. 

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 15:45

Je suis complètement à bout de forces, je me demande déjà comment je vais faire après ces 6 jours de déclenchement pour l'accouchement. L'air de rien, je contracte beaucoup depuis mon entrée en maternité, mon utérus a tellement été sollicité que je redoute plus que jamais de faire une hémorragie . La veille, je suis tombée sur des témoignages sur des forums Internet de jeunes femmes ayant également été déclenchées avec du cytotec et pour qui des complications sont survenues après l'accouchement : il semblerait que ce produit n'ait jamais obtenu d'agrément officiel pour être utilisé dans les déclenchements d'accouchements en France. Il serait plutôt utilisé pour des interruptions de grossesses thérapeutiques. Ne jamais regarder sur Internet, règle d'or, j'aurais dû m'en souvenir.

Je décide de parler de mes doutes au médecin de garde : il me rassure en m'expliquant qu'effectivement, peu de choses sont officiellement agrées en France aujourd'hui pour déclencher un accouchement, mais que ce produit est utilisé dans toutes les grandes maternités, et qu'ils savent très bien ce qu'ils font. Soit.

14h. On me pose enfin cette fameuse perfusion d'ocytocine. S. est arrivé. Il me demande encore "mais tu es sûre que c'est bien pour aujourd'hui ? Que se passera t-il si l'ocytocine ne fait pas effet ?" Je lui explique que l'ocytocine c'est la dernière ligne droite avant l'accouchement. Que si cela ne fait pas effet, cette fois ce sera une césarienne. Cela nous est confirmé quelques instants plus tard par le médecin : il nous fait comprendre qu'ayant fait tout ce qu'ils pouvaient pour rendre mon col le plus favorable possible, l'ocytocine est une dernière tentative, mais il ne semble pas trop y croire, et nous demande de nous préparer psychologiquement à une césarienne.
Le ton est donné, de toutes façons, au point où j'en suis, je veux juste avoir mes bébés dans mes bras à la fin de cette journée en bonne santé, c'est tout ce que je demande.
Les contractions se font ressentir, mais elles sont tout à fait supportables. On m'explique que l'anesthésiste ne va pas tarder à passer pour me poser la perf. Ha bon ? Déjà ? Je pensais qu'il fallait attendre que mon col soit au moins ouvert à 4/5cm. Bon, au moins comme ça, je suis sûre de ne pas souffrir !
15:30 : 1er point sur mon col : il est ouvert à 3mm. Ouf, ça progresse doucement, mais sûrement. Le Père Dural (Cf : Baby Boom sur TF1)  entre en scène, on fait sortir S. 
Les choses sérieuses commencent : je tremble, et suis incapable de contrôler mes tremblements. Je m'en excuse auprès de l'anesthésiste qui, soit dit en passant, fait preuve de beaucoup de douceur. 
Une infirmière se met face à moi et me demande de faire le fameux dos rond : je m'exécute toujours en tremblant de plus en plus fort, et là, le temps me paraît interminable, l'anesthésiste ne trouve pas où piquer, il s'y prend à plusieurs reprises, ça fait mal, je sens la grosse aiguille malgré la petite anesthésie, et quand enfin il réussit à poser la péridurale, je suis surprise par une énorme décharge électrique dans ma jambe gauche qui me fait super mal sur le moment. Je pleure et suis incapable de contrôler mes larmes.
"Pense à tes bébés. Pense à tes filles. Contrôle-toi bordel !!" Voilà ce que je me dis à l'intérieur de moi-même.
Finalement, une fois la grosse émotion passée, on me rallonge, l'anesthésiste injecte son produit, mais là, c'est le drame, enfin le drame pour moi : il y a du sang dans la seringue, il a touché un vaisseau en posant la péridurale, il est désolé et m'explique qu'il va falloir tout enlever et tout recommencer... Je repleure de plus belle.
Bon, je vous épargne la deuxième tentative : la même chose mais sans la décharge électrique (ouf !).
Une fois la péridurale enfin posée avec succès et le produit injecté, la SF passe tout de suite derrière pour me rompre la poche des eaux. Ça fait tout bizarre, je sens un liquide chaud couler. Sauf qu'aussitôt, d'énormes contractions m'envahissent à gauche, et seulement à gauche. Je panique : je repense à l'expérience de En quête de toi, et me dis que je vais moi aussi être bonne pour une anesthésie qui n'agit que d'un côté. Je vois mes contractions monter au plus haut sur le monito, et toutes les minutes, je souffre comme pas possible, à tel point que l'anesthésiste est rappelé en urgence. Il me réinjecte du produit en m'expliquant comment fonctionne l'auto-injecteur. Il me suggère également de me mettre un peu sur la gauche pour que le produit se diffuse correctement.
S. peut enfin revenir dans la salle de travail, il ne comprend pas pourquoi cela a duré aussi longtemps, et surtout pourquoi je suis soudainement en si grande souffrance : j'étais bien avant que la péridurale ne soit posée, et voilà que je souffre la martyre maintenant que je suis censée être sous anesthésie !
Je ne peux m'empêcher de suffoquer à chaque fois que la contraction atteint son pic. On me tend un masque à oxygène pour m'aider à gérer la douleur et ma respiration. Heureusement, quelques minutes plus tard, l'anesthésie semble enfin faire effet des deux côtés, je commence à respirer un peu, et à reprendre mes esprits.
17:30 : on refait le point sur mon col. Je parie un 4/5 mm avec S. Surprise : il est à 6 ! La SF hésite même avec un petit 7 et semble super étonnée que cela aille aussi vite. Sauf que le coeur de J1 commence à fatiguer. Elle décélère de plus en plus souvent. Allez ma choupette... Courage, on est si près du but !!
18h. Je ne ressens plus du tout les contractions. Je suis soulagée, j'ai eu si peur que la péridurale ne fasse effet que d'un côté...
18:45 : le coeur de J1 décélère encore. Puis cela remonte. La SF refait le point sur mon col : je suis à 8 ! Je la vois s'agiter un peu : elle nous annonce qu'elle va commencer à préparer la salle. Je suis étonnée, je ne pensais tellement pas que ça irait si vite ! 
S. me dit qu'il va sortir 5 minutes pour aller aux toilettes avant qu'on ne passe aux choses sérieuses. Je sais aussi qu'il a besoin d'un moment de calme pour respirer un bon coup. Les moments qui arrivent risquent d'être riches en émotion!
Pendant ce temps là, ça défile dans la salle entre la sage-femme, les infirmières, les internes, l'anesthésiste qui vérifie que tout va bien... Je sens que la fin est proche.
19h. Le coeur de J1 est retombé. Elle ne remonte pas. La sage-femme bouge les câbles du monito dans tous les sens. Je sens qu'elle est inquiète. Le médecin arrive dans la salle et m'examine le col : je suis à 9. Il m'annonce qu'on va devoir aller au bloc opératoire car il est probable qu'on passe en césarienne étant donné que J1 semble vraiment fatiguer. 
Le coeur ne remonte toujours pas. S. n'est toujours pas revenu non plus. On me prépare et on m'emmène assez précipitamment. Je croise S. dans le couloir, je n'ai même pas le temps de lui expliquer, je lui dis "tu me rejoins au bloc, on va venir te chercher !!". Il me regarde, inquiet. 
Arrivée au bloc, je demande si on peut aller chercher S. Mauvaise surprise, on m'annonce seulement à ce moment là qu'il ne pourra pas entrer dans le bloc. Je supplie le médecin d'envoyer quelqu'un pour lui expliquer tout ce qui se passe. Devant mon insistance, une des anesthésiste accepte d'y aller.
On me prépare en vitesse, la sage-femme rebranche le monito, et là, soulagement général : J1 est revenu à la normale. Je respire de nouveau et parle beaucoup à mes bébés pour tenter de les rassurer.  Le médecin m'annonce qu'on va pouvoir tenter la voie basse mais qu'il va falloir faire très vite pour éviter de fatiguer J1 plus longtemps. Euh d'accord mais je fais comment ? A la prochaine contraction, je vais devoir pousser très fort. OK, sauf que les contractions, je ne les sens pas du tout. La SF me dit aussitôt "Allez, il y en a une qui arrive là, inspirez fort, bloquez et poussez aussi fort que vous pouvez!". Je m'exécute.
"Allez, encore, encore, encore...!.. Super, c'est très bien. Allez, on recommence, inspirez, bloquez, POUSSEZ !!!"
Je pousse trois fois. Le médecin me dit "Vous faîtes ça très bien. Mais comme il faut qu'on aille vite, je suis obligé de vous aider, donc à la prochaine contraction, vous allez encore pousser, et moi je vais vous aider avec les forceps...".
OK. Je suis bonne pour l'épisio. Tant pis, je ne suis plus à ça près ! Allez, c'est reparti. Je pousse aussi fort que je peux. Je sens que le médecin tire une grande masse de son côté. C'est J1. Il me parle des cheveux de J1, de sa tête. Je n'arrive pas à croire que la tête est en train de sortir. Je continue de pousser. 
L'anesthésiste me tient la main et me chuchote à l'oreille "lorsque votre bébé va sortir, ne vous inquiétez pas si vous ne l'entendez pas pleurer tout de suite.". 
Je le trouve décidément vraiment bien cet anesthésiste.
Soudain, j'entends "et voilà, ça y est elle est là !". Le médecin tire J1 aidé de son interne, aussitôt, j'entends les cris d'un bébé. Mon bébé. Ma fille toute pleine de sang, toute rouge. Ils l'emmènent aussitôt, sans même me la montrer. Je l'ai entendu pleurer, donc je sais que cela devrait aller, j'en pleure moi aussi. Je suis incapable d'expliquer ce que je ressens à ce moment-là, c'est juste incroyable. Je viens de donner la vie. 
Je n'ai même pas le temps de me remettre de mes émotions que le médecin me demande de me concentrer sur J2. Il fait des manoeuvres dans mon utérus. Imaginez quelqu'un qui a son bras dans votre utérus, et qui retourne un bébé à l'intérieur. C'est trash, heureusement que je suis sous péridurale !!
Il me demande de pousser qu'une seule fois, juste pour l'aider un peu. Il tire fort, toujours aidé de son interne. Là, je vois des jambes sortir, c'est incroyable.
Ma deuxième choupette se met aussitôt à pleurer ! Même sort que pour sa soeur, il l'emmènent aussitôt ,sans me la montrer. 
A ce moment précis, une sage-femme revient avec J1 pour me la présenter, enfin. La magie s'opère... Ma vie est en train de changer, là, sous mes yeux. Ma fille est juste en face de moi, toute engourdie par l'accouchement, je lui prends la main, et lui dis qu'elle a vraiment été très forte et que je suis déjà fière d'elle. Je suis en train de pleurer de bonheur, j'aurais tellement aimé vivre ce moment avec S. Je ne me rends même pas compte que le médecin est en train de me faire une révision utérine. Plus rien n'a d'importance. 
A peine quelques minutes plus tard, on me présente J2. Là aussi, je suis toute émue, on dirait que ma fille me regarde déjà pour mettre un visage sur cette voix qu'elle a si souvent entendu in utero. 
On m'explique qu'il va à présent falloir me recoudre. Les filles vont aller rejoindre leur papa pour les premiers soins. Je suis tellement déçue de ne pas pouvoir voir le visage de S. lorsqu'il va découvrir nos filles pour la première fois. J'ai l'impression que les points de suture durent une éternité. Je n'en peux plus, j'ai tellement envie de retrouver mes bébés et S !
20:30 : On me ramène enfin dans la salle de travail où j'étais avant d'aller au bloc. Sur le chemin, nous passons devant la salle des premiers soins : j'aperçois S; en train de donner le biberon à l'une de nos filles. Le bonheur semble rayonner sur son visage, il regarde notre bébé avec amour. Il me voit, et me lance un sourire réconfortant. Je suis si émue, les larmes de joie coulent sur mon visage. J'ai tellement rêvé de ce moment, je l'ai tellement attendu cet instant magique, mais finalement c'était encore mieux que tout ce que j'avais pu imaginer. Nous voilà parents, à notre tour, et de deux enfants en même temps. En l'espace de quelques instants, nous sommes passés de l'autre côté. De couple sans enfants en galère pour avoir un bébé, nous sommes passés à couple avec deux enfants. Mon mari est devenu papa. Père de mes enfants. Moi-même me voilà devenue maman. Mère de ses enfants. Tout se mélange dans ma tête, je ne me suis jamais sentie aussi heureuse. 

Revenue en salle de travail, je désespère, seule, dans cette pièce sans mes bébés et sans mon mari. Heureusement, cela ne dure pas longtemps : à peine quelques instants plus tard, S. me rejoint enfin, avec l'une de nos filles. C'est J2. Mon dieu qu'elle est belle... Une infirmière m'aide à la prendre dans mes bras pour un premier peau à peau.
On nous apporte J1 quelques minutes plus tard : on m'aide à la mettre à côté de sa soeur sur moi. Je me retrouve avec mes deux filles collées contre moi... S. nous regarde tout attendri et prend des tonnes de photos pour immortaliser ce moment magique. La vie de famille commence enfin. Tout prend un sens soudainement. Tout est oublié, toutes ces années de souffrance, tous ces cris, ces pleurs, ces moments de désespoir. Le moment où ce "0" sur un bilan de spermogramme nous a assommé tel un coup de massue. Cette triste journée, où, 3 ans auparavant, un médecin est passé nous voir dans une chambre d''hôpital pour nous annoncer qu'ils n'avaient trouvé aucun spermatozoïde dans le prélévement de la biopsie testiculaire de mon mari. Tout cela semble soudain si loin derrière nous.. 
Nous voilà devenus d'heureux parents. Je le vois sur son visage, mon mari se sent être devenu encore plus papa que n'importe quel autre des papas de la maternité . 
C'est sûr. Ce mercredi 28 novembre restera une journée à tout jamais gravée dans notre coeur. Le jour où notre vie de famiile a commencé, et où notre long parcours du combattant pour devenir parents a pris fin. 
Le jour où Dame Nature nous a retrouvé, enfin. 
 

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 16:59

Lundi 26 novembre. Cette fois, en me levant ce matin là, je suis à peu près sûre que j'accoucherai aujourd'hui. 3 jours de déclenchement sans succès, il va bien falloir qu'ils s'activent un peu. Et puis de toutes façons y a pas le choix : S. reprend le travail dès le lendemain !!
Je mise sur la perfusion d'ocytocine, ils vont forcément la tenter avant une éventuelle césarienne.

Comme les précédents matins, j'arrive en salle de pré-travail vers 9h. Une fois de plus, on me réexamine le col qui n'a toujours pas bougé : ouvert à 2 doigts mais encore bien postérieur et tonique.
Le médecin de garde passe enfin pour nous annoncer la décision du staff. Horreur. Pas de perfusion. Ils ont décidé d'essayer une autre substance : le cytotec. Le "sitoquoi?!!"
Il nous explique que le principe est le même que le gel : on va me poser 1/8ème de ce comprimé, et on va le laisser agir entre 2 et 4h.
S. et moi sommes perplexes. J'ai presque envie de pleurer tellement que je ne crois plus en rien.
Pour faire court, il ne s'est rien passé non plus ce jour là. Ni le jour suivant où S. est retourné travaillé, tellement qu'on n'y croyait plus, et pour éviter de perdre des jours inutiles. 

Arrivé enfin mercredi matin, soit à 39 SA, j'ai fondu en larmes devant le médecin lorsqu'il m'a parlé d'un troisième comprimé de cytotec. 
Et là, il m'a annoncé "ne vous inquiétez pas, ce sera pour aujourd'hui quoiqu'il arrive. On vous passe en salle de travail avec une perfusion d'ocytocine vers 14h, le cytotec ce matin, c'est juste pour continuer à travailler encore un peu votre col d'ici là. Par contre, préparez-vous à une césarienne, car même si votre col est un peu plus favorable maintenant que quand vous êtes arrivée à la maternité vendredi dernier, il est toujours trop juste..."
Pas de problème. Au point où j'en suis, je tuerai presque pour une césarienne, pourvu que je puisse enfin accoucher. 
Alleluia. Après 6 jours de déclenchement, il semblerait que ce soit enfin pour aujourd'hui. Je n'y croyais plus.

 


 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 17:00

Samedi 24 Novembre. S. arrive à 8h à la maternité. Nous ne savons pas ce qui nous attend aujourd'hui, d'autant plus que mes contractions ont quasiment disparu. 
Vers 9h, on passe me chercher pour m'emmener de nouveau en salle de pré-travail. Comme la veille, le médecin de garde passe nous voir pour nous annoncer la décision du staff du jour : une deuxième pose de gel s'avère nécessaire pour continuer à travailler mon col. Nous sommes étonnés, et je ne peux m'empêcher de lui demander ce qui se passera si cela ne fait pas effet aujourd'hui non plus. Il me répond alors qu'une troisième pose demain serait tout à fait envisageable puisque le protocole c'est jusqu'à trois poses de gel.
OK. Donc demain au plus tard, j'aurais accouché. Je ne voyais pas les choses comme ça, mais cela reste correct, on est toujours dans le week-end.

Je ne pensais pas si bien dire : le gel ne fait pas plus effet en ce samedi 24 novembre, où je retourne en chambre en début d'après-midi, que le lendemain où ils décident effectivement de me remettre du gel pour la 3ème fois.
Sauf que, moi qui m'attendais à ce que les choses s'accèlérent un peu si cette troisième tentative échouait encore, j'étais loin du compte : on me remonte en chambre une nouvelle fois dimanche après-midi en m'expliquant qu'il ne se passera plus rien jusqu'au lendemain.
S. et moi sommes désespérés. Nous n'en pouvons plus, le temps nous paraît si long, et surtout, nous n'avions tellement pas été préparés à un déclenchement aussi long... 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 18:25

Vendredi 23 novembre. Cela fait des semaines que je parie que j'accoucherai à cette date auprès de S. et de toute ma famille. Je ne sais pas pourquoi, cette date sonne bien dans ma tête.
Nous arrivons vers 8h à la maternité et prenons un bon petit déjeuner à la cafétéria : la journée promet d'être longue et riche en émotion, il faut que nous prenions des forces !
8:30, nous allons au bureau des admissions pour faire la paperasse, puis j'arrive enfin aux urgences de la maternité où l'on m'installe dans une salle de pré-travail. J'entre définitivement dans ma journée la moins sexy de ma vie en enfilant leur blouse avec les fesses à l'air. Heureusement, j'avais pensé à prendre un long gilet avec moi ! 
Une fois installée, le médecin de garde passe nous voir pour nous expliquer le déroulement du déclenchement : mon col n'étant pas encore favorable pour la perfusion, ils vont me poser un gel pour travailler le col et provoquer les contractions. Ce gel doit agir dans les 2/4h qui suivent sa pose, donc je vais être sous surveillance monito jusqu'à 12h, puis on refait le point à ce moment-là. 
Aussitôt dit, aussitôt fait, le gel est posé. Je stresse, j'ai peur de ne pas supporter les contractions si elles sont trop fortes. Aussitôt je me concentre sur nos bébés, cela m'aide à gérer mon angoisse. 
Vers 9h30, je commence effectivement à contracter. Toutefois cela reste tout à fait supportable.
10h30, la SF passe car je contracte pas mal, elle semble plutôt contente et me dit que c'est bon signe et qu'elle va donc voir où en est mon col. Mais là, mauvaise surprise, il n'a pas bougé d'un poil. D'après elle, parfois cela met un peu plus de temps. Elle nous dit qu'on refait le point vers 12h.
Les contractions sont de plus en plus rapprochées, toutes les 2 minutes environ, et commencent à être douloureuses, mais toujours supportables. 
Lorsque la SF repasse vers 12h, mon col est cependant toujours au même stade. Alors elle m'explique que comme cela ne semble pas être pour tout de suite, ils vont m'apporter un plateau repas pour que je prenne des forces, et que dans l'après-midi j'aurais un ballon pour me permettre de continuer à travailler un peu sur mon col. 
S. et moi commençons déjà à trouver le temps long : nous ne pensions pas qu'il s'écoulerait autant de temps sans qu'il ne se passe rien.
La journée s'achève ainsi, les contractions se calment en fin d'après-midi, à tel point qu'en début de soirée, l'équipe décide de me faire monter en chambre : celle où je serais avec les bébés après l'accouchement. Nous sommes vraiment étonnés, nous imaginions tout sauf cela. Et le pire, c'est que S. est chassé de la maternité : pas de visiteur autorisé en chambre, même pas les conjoints. On nous dit qu'il sera appelé si jamais il se passe quelque chose dans la nuit. 
Je fonds en larmes devant le berceau des bébés vide, surtout au moment où une sage-femme m'explique qu'un déclenchement peut prendre beaucoup de temps, et que dans sa carrière elle a déjà connu un déclenchement qui a duré une semaine.

La nuit s'achève sans aucun changement. J'arrive à dormir quelques heures, et attends impatiemment le lendemain matin pour que S. puisse revenir et que nous sachions quel va être notre sort.

Finalement, je perds mon pari du 23. 

 

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Published by cmelicce - dans Notre parcours
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  • : SOS jeune couple désire bébé !!!
  • : A travers ce blog, vous pourrez suivre notre histoire, soit la vie d'un couple confronté à la stérilité masculine et lancé dans le long parcours du combattant de la procréation médicalement assistée pour une IAD (Insémination avec donneur). Vous pourrez également trouver de précieux témoignages et des informations sur le don de sperme en France.
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Infos sur le don en France

Pour consulter la liste des CECOS en France, ou la FAQ qui regroupe les réponses aux questions qu'on nous a le plus souvent posées, à mon mari et moi, RV ici
N'hésitez pas également à consulter les chiffres de l'AMP en France via l'agence de biomédecine

 

 

 

En bref...

Octobre 2008 : début des essais bébé
Décembre 2009 : Spermogramme avec 0 zozos : Azoospermie détectée et confirmée par spermo 2.
Juin 1010 : Biopsie testiculaire pour tenter de prélever les zozos directement "à la source" : négative. Notre monde s'écroule. 

Novembre 2010 : Après plusieurs mois de réflexion, inscription Cecos Cochin pour bénéficier d'un don de sperme. 

Novembre 2011 : IAD1 ---
Janvier 2012 : IAD 2 ---
Mars 2012 : IAD 3 +++ Taux à 626 UI !!!
Avril 2012 : 1ère écho : un deuxième invité surprise est là !! Ce sont des jumeaux !!
Juin 2012 : Autant pour moi : ce sont des jumELLES !!! Nous sommes si heureux...
Juillet 2012 : Je les sens bouger... C'est magique.
Aout 2012 : Mon mari les a senti bouger pour la première fois. Encore un moment incroyable. On les aime déjà. 
28 Novembre 2012 : <3Naissance de nos filles<3. Notre parcours du combattant prend fin, notre vie de famille commence, enfin.